Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/548

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nant l'homme qui a faim tantôt en souffre, tantôt en jouit. N'est-il pas vrai ? — Oui. — Et s'il a soif [221b] ou s'il éprouve tout autre appétit semblable, ces appétits ne lui font-ils pas tantôt du bien, tantôt du mal, et quelquefois aussi ni l'un ni l'autre ? — Sans doute. — Dans le cas où le mal serait détruit, ce qui n'est pas mauvais devrait-il être détruit avec le mal ? Non. — vraiment. — Ainsi, les appétits qui ne sont ni bons ni mauvais existeraient encore, lors même que le mal aurait disparu. — Je le crois. — L'appétit et le désir peuvent-ils exister sans l'amour ? — Je ne le pense pas. — Il semblerait [221c] donc d'après cela que l'on aimerait encore après la destruction du mal. — Certainement. — Si le mal donnait naissance à l'amitié, le mal une fois disparu, l'amitié ne pourrait plus être : car, lorsque la cause cesse, il est impossible que l'effet subsiste. — C'est juste. — Précédemment nous avions admis que celui qui aime aime quelque chose et pour quelque chose ; et nous disions alors que c'était à cause du mal que ce qui n'est ni bon ni mauvais aimait le bon. — Oui. — [221d] Je crois maintenant apercevoir une autre raison d'aimer et d'être aimé. — Voyons. — Le désir est-il véritablement, comme nous venons de le dire, la cause de l'amitié ? Ce qui désire est-il, lorsqu'il désire, ami de ce qui est