Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/550

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Lysis. Mais Hippothalès était ivre de joie, et son visage changeait à chaque instant de couleur.

Pour moi, voulant examiner la chose de plus près, je repris notre entretien en ces termes : — Si ce qui convient diffère du semblable, nous avons dit, je crois, ce que c'est que l'ami ; mais si ce qui convient ne fait qu'une seule et même chose avec le semblable, comment rejeter maintenant ce que nous avons précédemment admis, que le semblable, en tant que semblable, est inutile au semblable ? or, il serait absurde de prétendre que [222c] ce qui est inutile peut être ami. Voulez-vous donc, fatigués comme nous sommes de discuter, que nous tombions d'accord et admettions sur-le-champ que le convenable n'est pas la même chose que le semblable ? — Soit. — Mais dirons-nous que le bon est convenable à toute chose, et que le mauvais y est étranger ; ou bien que le mauvais est convenable au mauvais, le bon au bon, ce qui n'est ni bon ni mauvais à ce qui n'est ni mauvais ni bon ? — Il nous semble, me dirent-ils, que cette dernière hypothèse [222d] est plus juste. — Mais nous voilà, mes enfans, retombés dans la conclusion que nous avions repoussée au commencement : car, à ce compte, l'injuste ne sera pas moins ami de l'injuste et le mauvais du mauvais, que le bon