Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/551

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ne le sera du bon. — Il est vrai. — D'un autre côté, si le bon et le convenable ne sont qu'une même chose, il n'y aura que le bon qui puisse être ami du bon. — C'est juste. — Ici encore, je le crois, nous nous sommes d'avance réfutés nous-mêmes. Ne vous en souvenez-vous pas ? — Parfaitement. [222e] — Dès lors à quoi bon prolonger cette discussion ? n'est-il pas évident qu'elle ne nous mènerait à aucun résultat. Toutefois j'éprouve le besoin d'imiter ces avocats habiles qui, à la fin de leurs plaidoyers, ne manquent jamais de résumer ce qu'ils ont dit. Si donc ni l'aimant, ni l'aimé, ni le semblable, ni le contraire, ni le bon, ni le convenant, ni enfin toutes les choses que nous avons passées en revue, et en vérité le nombre en est si considérable que je ne peux me les rappeler toutes, si rien de tout cela n'est l'ami que nous cherchons, je ne sais plus que dire.

[223a] En parlant ainsi, mon intention était d'engager quelqu'un des assistans les plus âgés à prendre la parole. Mais tout-à-coup, semblables à de mauvais génies, les esclaves qui avaient amené Lysis et Ménexène à la palestre survinrent avec les frères de ces jeunes gens, et les appelèrent pour les reconduire chez leurs parens : en effet, il était déjà tard. D'abord