Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/57

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état d’instruire les enfans des artisans dans le métier qu’ils ont appris de leur père, autant qu’il a pu le leur apprendre, et des amis de leur père qui exercent la même profession, quelqu’un, dis-je, qui fût en état de leur enseigner quelque chose au-delà, je pense, Socrate, que tu trouverais difficilement des maîtres pour de tels apprentis. Mais tu ne serais pas en peine d’en trouver pour des élèves tout-à-fait ignorans. J’en dis autant de la vertu et des autres choses semblables. Lorsqu’on peut rencontrer quelqu’un qui soit un peu plus capable que les autres [328b] de nous avancer dans le chemin de la vertu, on doit s’estimer heureux. Je crois être de ce nombre, et je me flatte d’avoir été plus loin qu’aucun autre dans la découverte de ce qui rend vertueux, et cela vaut bien le prix que j’exige pour l’enseigner, et même davantage, au jugement de mes propres élèves. C’est pourquoi voici comme je m’y prends pour me faire payer de mes leçons. Lorsqu’on a appris de moi ce qu’on désirait, on me donne, si l’on veut, la somme que je demande ; [328c] sinon, on entre dans un temple, et, après avoir pris la divinité à témoin, on paie mes instructions selon l’estime qu’on en fait.

Telle est, Socrate, la fable, et tel le discours que j’avais à dire, pour te prouver que la vertu