Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/575

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qu'aucun ouvrier n'en a retiré de quelque art que ce soit ; et Protagoras, avant eux, avait fait la même chose.

HIPPIAS.

Je vois bien, Socrate, que tu n'entends pas le fin de notre profession : si tu savais combien elle m'a valu d'argent, tu en serais étonné ; et pour ne point parler du reste, étant une fois allé en Sicile lorsque Protagoras [282e] y était et y jouissait d'une grande réputation, quoiqu'il eût déjà un certain âge et que je fusse beaucoup plus jeune que lui, j'amassai en fort peu de temps plus de cent cinquante mines, et plus de vingt mines d'un seul petit endroit qu'on appelle Inycum. De retour chez moi, je donnai cette somme à mon père, qui en fut surpris et frappé ainsi que nos autres concitoyens ; et je crois avoir gagné seul plus d'argent que deux autres sophistes ensemble, quels qu'ils puissent être.

SOCRATE.

En vérité, Hippias, voilà une belle et grande preuve [283a] de ta sagesse, de celle des hommes de notre siècle, et de leur supériorité à cet égard sur les anciens. Il faut convenir, d'après ce que tu dis, que l'ignorance de vos devanciers était extrême, puisqu'on rapporte qu'il est arrivé à