Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/578

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SOCRATE.

Puisque les Lacédémoniens désirent devenir meilleurs, qu'ils ont de l'argent, et que tu peux leur être infiniment utile à cet égard, pourquoi donc ne t'ont-ils pas renvoyé chargé d'argent ? Cela ne viendrait-il point de ce que les Lacédémoniens élèvent mieux leurs enfans que tu ne ferais ? Est-ce là ce que nous dirons, et en conviens-tu ?

[283e] HIPPIAS.

J'en suis bien éloigné.

SOCRATE.

N'aurais-tu pu réussir à persuader aux jeunes gens de Lacédémone qu'en s'attachant à toi ils avanceraient plus dans la vertu qu'auprès de leurs parens ? ou bien n'as-tu pu mettre dans l'esprit de leurs pères que, pour peu qu'ils prissent intérêt à leurs enfans, ils devaient t'en confier l'éducation, plutôt que de s'en charger eux-mêmes ? Sans doute qu'ils n'enviaient point à leurs enfans le bonheur de devenir aussi vertueux qu'il est possible ?

HIPPIAS.

Non, je ne le pense pas.

SOCRATE.

Lacédémone est pourtant une ville bien policée.