Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/581

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comme je viens de dire, la loi est contre moi.

[284d] SOCRATE.

Par la loi, Hippias, entends-tu ce qui est nuisible ou salutaire à une ville ?

HIPPIAS.

On ne fait des lois, ce me semble, qu'en vue de leur utilité ; mais elles nuisent quelquefois quand elles sont mal faites.

SOCRATE.

Quoi ! les législateurs, en faisant des lois, ne les font-ils point pour le plus grand bien de l'état ? et sans cela n'est-il pas impossible qu'un état soit bien policé ?

HIPPIAS.

Tu as raison.

SOCRATE.

Lors donc que ceux qui entreprennent de faire des lois en manquent le but, qui est le bien, ils manquent ce qui est légitime et la loi elle-même. Qu'en [284e] penses-tu ?

HIPPIAS.

A prendre la chose à la rigueur, Socrate, cela est vrai ; mais les hommes n'ont point coutume de l'entendre ainsi.

SOCRATE.

De qui parles-tu, Hippias ? des hommes instruits, ou des ignorans ?