Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/596

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que la plus belle fille est laide, comparée aux déesses ?

HIPPIAS.

Qui pourrait aller là-contre, Socrate ?

[289c] SOCRATE.

Si nous lui faisons cet aveu, il se mettra à rire, et me dira : Socrate, te rappelles-tu la question que je t'ai faite ? Oui, répondrai-je ; tu m'as demandé ce que c'est que le beau. Et puis, reprendra-t-il, étant interrogé sur le beau, tu me donnes pour belle une chose qui, de ton propre aveu, n'est pas plutôt belle que laide ? Il y a bien apparence, lui dirai-je. Ou que me conseilles-tu, mon cher ami, de lui répondre ?

HIPPIAS.

Réponds, comme tu l'as fait avec raison, que l'espèce humaine n'est pas belle en comparaison des dieux.

SOCRATE.

Mais, poursuivra-t-il, si je t'avais demandé, au commencement, qu'est-ce qui est en même temps [289d] beau et laid, et que tu m'eusses fait cette réponse, n'aurais-tu pas bien répondu ? Te semble-t-il encore que le beau par soi-même, qui orne et rend belles toutes les autres choses du moment qu'elles en participent, soit une fille, une cavale, une lyre ?