Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/601

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vouerai pourtant que je ne daignerais pas répondre à un homme qui me ferait de pareilles questions.

SOCRATE.

Tu aurais raison, mon cher ami. Il ne te conviendrait pas d’entendre des termes aussi bas, richement vêtu comme tu es, chaussé élégamment, et renommé chez les Grecs pour ta sagesse ; mais pour moi, je ne risque rien [291b] à converser avec ce grossier personnage. Instruis-moi donc auparavant, et réponds, à cause de moi. Si la cuillère de figuier, dira-t-il, convient mieux que celle d’or, n’est-il pas vrai qu’elle est plus belle, puisque tu es convenu, Socrate, que ce qui convient est plus beau que ce qui ne convient pas ? Avouerons-nous, Hippias, que la cuillère de figuier est plus belle que celle d’or ?

HIPPIAS.

Veux-tu, Socrate, que je t’apprenne une définition du beau, avec laquelle tu couperas court à toutes les questions de cet homme ?

[291c] SOCRATE.

De tout mon cœur ; mais dis-moi auparavant des deux cuillères dont je parlais à l’instant quelle est celle que je lui donnerai pour la plus convenable et la plus belle ?