Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/605

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refusais de les entendre. Quelles sont-elles ? Parle.

SOCRATE.

Je vais te le dire, toujours sous le nom de celui dont je fais ici le personnage, pour ne pas me servir vis-à-vis de toi des expressions dures et choquantes qu'il ne m'épargnera pas ; car voici, je te le garantis, ce qu'il me dira : Parle, Socrate. Penses-tu que j'aurais si grand tort de te battre, après que tu m'as chanté, avec si peu de sens, un dithyrambe qui n'a aucun rapport à ma question ? Comment cela ? lui répondrai-je. Comment, dira-t-il, tu n'as seulement pas l'esprit de te souvenir que je te demande [292d] quel est ce beau qui embellit toutes les choses où il se trouve, pierre, bois, homme, dieu, toute espèce d'action et de science ? Car tel est, Socrate, le beau dont je te demande la définition ; et je ne puis pas plus me faire entendre que si j'avais affaire à une pierre, et encore une pierre de meule, et que tu n'eusses ni oreilles ni cervelle. Ne te fâcherais-tu point, Hippias, si, épouvanté de ce discours, je répondais : C'est Hippias qui m'a dit [292e] que le beau était cela ? je l'interrogeais cependant comme tu m'interroges ici sur ce qui est beau pour tout le monde et toujours. Qu'en dis-tu ? Ne te fâcheras-tu pas, si je lui parle ainsi ?