Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/604

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HIPPIAS.

Que dis-tu là ? Cet homme est-il ton maître ? Et s'il te fait un pareil traitement, il ne sera pas traîné devant les juges, et puni comme il le mérite ? Est-ce qu'il n'y a point [292b] de justice à Athènes, et y laisse-t-on les citoyens se frapper injustement les uns les autres ?

SOCRATE.

Nullement.

HIPPIAS.

Il sera donc puni s'il te frappe contre toute justice ?

SOCRATE.

Il ne me paraît pas, Hippias, qu'il eût tort de me frapper, si je lui faisais cette réponse : je pense même le contraire.

HIPPIAS.

A la bonne heure, Socrate ; puisque c'est ton avis, c'est aussi le mien.

SOCRATE.

Ne te dirai-je pas pourquoi je pense qu'il serait en droit de me frapper si je lui répondais de la sorte ? Me battras-tu toi-même sans m'entendre, ou écouteras-tu mes raisons ?

[292c] HIPPIAS.

Ce serait un procédé bien étrange, Socrate, si je