Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/608

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HIPPIAS.

C’est là mon avis.

SOCRATE.

Tu penses donc, répliquera-t-il, ce que tu ne disais pas tout-à-l’heure, qu’être enseveli par ses descendans après avoir rendu le même devoir à ses ancêtres, est une chose qui en certaines rencontres et pour [293c] quelques uns n’est pas du tout belle ; et que même il semble impossible qu’elle devienne jamais et soit belle pour tout le monde ; en sorte que ce prétendu beau est sujet aux mêmes inconvéniens que les précédens, la fille et la marmite ; et qu’il est même plus ridiculement encore beau pour les uns, et laid pour les autres. Quoi donc, Socrate, poursuivra-t-il, ne pourras-tu, ni aujourd’hui ni jamais, satisfaire à ma question, et me dire ce que c’est que le beau ? Tels sont à-peu-près les reproches qu’il me fera, et à juste titre, si je lui réponds comme tu veux.

Voilà pour l’ordinaire, Hippias, [293d] de quelle manière il converse avec moi. Quelquefois cependant, comme s’il avait compassion de mon ignorance et de mon incapacité, il me suggère en quelque sorte ce que je dois dire, et me demande si telle chose ne me paraît pas être le beau. Il en use de même par rapport à tout autre sujet