Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/613

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HIPPIAS.

Vraiment oui, Socrate ; et cela me paraît bien étrange.

[295a] SOCRATE.

Ne lâchons pourtant pas prise, mon cher ami : j'ai encore quelque espérance que nous découvrirons ce que c'est que le beau.

HIPPIAS.

Assurément, Socrate ; car ce n'est pas une chose bien difficile à trouver ; et je suis sûr que, si je me retirais un moment à l'écart pour méditer là-dessus, je t'en donnerais une définition si exacte que l'exactitude même n'y saurait trouver à redire.

SOCRATE.

Oh ! ne te vante point, Hippias. Tu vois combien d'embarras cette recherche nous a déjà causé ; prends garde que le beau ne se fâche contre nous, et ne s'éloigne [295b] encore davantage. J'ai tort cependant de parler ainsi. Tu le trouveras aisément, je pense, lorsque tu seras seul ; mais, au nom des dieux, trouve-le en ma présence ; et, si tu le veux bien, continuons à le chercher ensemble. Si nous le découvrons, ce sera le mieux du monde ; sinon, il faudra bien que je prenne mon malheur en patience : pour toi, tu ne m'auras pas plus tôt quitté, que tu le