Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/614

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trouveras sans peine. Si nous faisons maintenant cette découverte, ce sera une affaire faite, et je n’aurai pas besoin de t’importuner pour te demander ce que c’est que tu as trouvé seul. Vois donc [295c] si ceci ne serait pas le beau, selon toi. Je dis que c’est... Examine bien, et écoute-moi attentivement, de peur que je ne dise une sottise. Le beau donc, par rapport à nous, c’est ce qui nous est utile. Voici sur quoi je fonde cette définition. Nous appelons beaux yeux, non ceux qui ne peuvent rien voir, mais ceux qui le peuvent, et qui sont utiles pour cette fin.

HIPPIAS.

Oui.

SOCRATE.

Ne disons-nous pas de même du corps entier, qu’il est beau, soit pour la course, soit pour la lutte ? et pareillement de tous [295d] les animaux, par exemple qu’un cheval est beau, un coq, une caille ; de tous les meubles ; de toutes les voitures, tant de terre que de mer, comme les bateaux et les galères ; de tous les instrumens, soit de musique, soit des autres arts ; et encore, si tu le veux, des institutions et des lois ? Nous donnons ordinairement à toutes ces choses la qualité de belles, envisageant chacune d’elles sous le même point de vue, c’est-à-dire par rapport aux pro-