Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/633

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proverbe. Tu nous rends service, en nous donnant sans cesse des avis. Je veux te faire connaître encore davantage jusqu'où allait notre stupidité, avant les instructions que nous venons de recevoir de toi, en t'exposant notre manière de penser sur le sujet [301d] qui nous occupe. Ne t'en ferai-je point part ?

HIPPIAS.

Tu ne me diras rien que je ne sache, Socrate ; car je connais la disposition d'esprit de tous ceux qui se mêlent de disputer. Cependant si cela te fait plaisir, parle.

SOCRATE.

Hé bien, cela me fait plaisir. Nous étions donc tellement bornés, mon cher, avant ce que tu viens de nous dire, que nous pensions de toi et de moi que chacun de nous est un, et que ce que nous sommes séparément, nous ne le sommes pas conjointement ; car pris ensemble nous ne sommes pas un, mais deux : tant notre ignorance [301e] était profonde. A présent tu as réformé nos idées, en nous apprenant que, si nous sommes deux conjointement, c'est une nécessité que chacun de nous soit aussi deux ; et que si chacun de nous est un, il est également nécessaire que tous les deux nous ne soyons qu'un : l'essence des choses ne permettant pas, selon Hippias, qu'il en soit