Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/632

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d'ivoire, ou, si tu aimes mieux, nobles, sages, considérés, vieux ou jeunes, ou doués de telle autre qualité qu'il te plaira, dont l'homme est capable, ne serait-ce pas une nécessité indispensable que chacun de nous fût tel ?

[301b] SOCRATE.

Sans contredit.

HIPPIAS.

Ton défaut, Socrate, et le défaut de ceux avec qui tu converses d'ordinaire, est de ne point considérer les choses en leur entier : vous détachez le beau de tout le reste pour voir ce que c'est, et vous coupez ainsi chaque objet par morceaux dans vos discours ; de là vient que tout ce qu'il y a de grand et de vaste dans les choses vous échappe. Et maintenant tu es si éloigné du vrai, que tu t'imagines qu'il y a des qualités, soit accidentelles, soit essentielles, qui conviennent à deux êtres conjointement, et ne leur conviennent pas séparément ; ou qui conviennent [301c] à l'un et à l'autre en particulier, et nullement à tous les deux : tant vous êtes incapables de raison et de discernement, tant vos lumières sont courtes et vos réflexions bornées.

SOCRATE.

Que faire, Hippias ? On n'est pas ce qu'on voudrait être, mais ce qu'on peut, comme dit le