Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/642

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mes sages, parce qu’il n’est pas permis de refuser son consentement à quiconque dit la vérité.

HIPPIAS.

Mais toi, Socrate, que penses-tu de tout ceci ? Ce ne sont point là des discours, mais en vérité des raclures et des rognures de discours, hachés par morceaux, comme j’ai déjà dit. Ce qui est beau et vraiment estimable, c’est d’être en état de faire un beau discours en présence des juges, des sénateurs, ou de toute autre [304b] espèce de magistrats, et de ne se retirer qu’après les avoir persuadés, remportant avec soi la plus précieuse de toutes les récompenses, la conservation de sa personne, et celle de ses biens et de ses amis. Voilà à quoi tu dois t’attacher, au lieu de ces vaines subtilités, si tu ne veux passer pour un insensé, en t’occupant, comme tu fais maintenant, de pauvretés et de bagatelles.

SOCRATE.

O mon cher Hippias, tu es heureux de connaître les choses dont un homme doit s’occuper, et de t’en être occupé à fond ; comme [304c] tu dis. Pour moi telle est apparemment ma mauvaise destinée : je suis toujours dans le doute et l’incertitude ; et lorsque je fais part de mon embarras à vous autres sages, vous me maltraitez