Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/643

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de paroles, après que je vous ai exposé mon état. Vous me dites tout ce que je viens d'entendre de ta bouche, que je m'occupe de sottises, de minuties, de misères ; et quand, convaincu par vos raisons, je dis, comme vous, qu'il est bien plus avantageux de savoir faire un beau discours devant les juges ou devant toute [304d] autre assemblée, j'essuie toutes sortes de reproches de plusieurs citoyens de cette ville, et en particulier de cet homme qui me critique à tout instant : car il m'appartient de fort près, et il demeure dans la même maison que moi. Lors donc que je suis de retour chez moi, et qu'il m'entend tenir un pareil langage, il me demande si je n'ai pas honte de parler de belles occupations tandis qu'il m'a prouvé jusqu'à l'évidence que j'ignore ce que c'est que le beau. Cependant, ajoute-t-il, comment sauras-tu si quelqu'un [304e] a fait ou non un beau discours ou une belle action quelconque, si tu ignores ce que c'est que le beau ? et tant que tu seras dans un pareil état, crois-tu que la vie te soit meilleure que la mort ? Je suis donc, comme je disais, accablé d'injures et de reproches et de ta part et de la sienne. Mais enfin peut-être est-ce une nécessité que j'endure tout cela ; il ne serait pas impossible après tout que j'en tirasse du profit. Il me semble