Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/651

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sans parler des défauts de goût auxquels devait les condamner un but aussi peu noble, la recherche du style, les lieux communs, enfin tout le cortège de la mauvaise rhétorique ; et lui-même, pour prouver qu’il ne serait pas impossible de sortir de la route battue, il essaye et propose indirectement une oraison funèbre, où toutes les convenances du genre soient gardées, la vanité des auditeurs ménagée, les formes et l’ordonnance des oraisons funèbres scrupuleusement observées, et même, jusqu’à un certain point, le style d’usage employé avec un tout autre caractère dans l’ensemble et la direction morale la plus sublime. En effet, comparez l’oraison funèbre de Platon à celles que l’antiquité nous a conservées ; vous la diriez jetée dans le même moule que toutes les autres. Les formes extérieures se ressemblent, l’esprit seul est différent. Puisqu’il s’agissait de faire l’éloge de guerriers