Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/665

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vois encore, vieux comme je suis, m'occuper d'enfantillages.

MÉNEXÈNE.

Point du tout, Socrate ; mais commence enfin.

SOCRATE.

Je le vois bien, il faut te complaire ; et en vérité [236d] si tu me priais de me déshabiller et de danser, j'aurais peine à te refuser, puisque nous sommes seuls. Écoute donc. Voici, je pense, ce que dit Aspasie. Elle commença par les morts eux-mêmes :

Ils ont reçu de nous les derniers devoirs, et les voilà maintenant sur la route fatale accompagnés par leurs concitoyens et par leurs parens. Il ne reste plus d'autre tâche à remplir que celle de l'orateur chargé par la loi [236e] d'honorer leur mémoire. Car c'est l'éloquence qui illustre et sauve de l'oubli les belles actions et ceux qui les ont faites. Il faut ici un discours qui loue dignement les morts, serve d'exhortation bienveillante aux vivans, excite les fils et les frères de ceux qui ne sont plus, à imiter leurs vertus, et console leurs pères et leurs mères, ainsi que leurs aïeux [237a] s'ils existent encore. Et quel sera le discours propre à ce but ? De quelle manière commencer l'éloge de ces hommes généreux dont la vertu, pendant