Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/666

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leur vie, a fait la joie de leurs parens, et qui ont bravé la mort pour nous sauver ? Il faut les louer, ce me semble, d'après l'ordre que la nature a suivi pour les élever à ce point de vertu auquel ils sont parvenus. Or ils sont devenus vertueux parce qu'ils étaient nés de parens vertueux. Nous louerons donc d'abord la noblesse de leur origine, ensuite leur éducation [237b] et les institutions qui les ont formés ; enfin nous exposerons combien ils se sont rendus dignes de leur éducation et de leur naissance par leur belle conduite. Le premier avantage de leur naissance est de n'être pas étrangers. Le sort ne les a pas jetés dans un pays dont ils ne sont pas. Non, ils sont autochtones, ils habitent et ils vivent dans leur véritable patrie, ils sont nourris par la terre qu'ils habitent, non pas en marâtre, comme d'autres, mais avec les soins [237c] d'une mère. Et, maintenant qu'ils ne sont plus, ils reposent dans le sein de celle qui les engendra, les reçut dans ses bras à leur naissance et les nourrit. C'est donc à elle, à cette mère, que nous devons nos premiers hommages : ce sera louer la noble origine de ces guerriers. Ce pays mérite nos éloges et ceux de tous les autres hommes, par bien des causes, et surtout parce qu'il est chéri du ciel : témoin la querelle