Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/676

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sive, car les autres alliés des Béotiens les abandonnèrent et se retirèrent ; mais les nôtres, après avoir vaincu, le troisième jour, à Œnophyte, ramenèrent dans leur patrie les Béotiens injustement exilés. Ce furent les premiers Athéniens qui, après la guerre persique, défendirent contre des Grecs la liberté d’autres Grecs, affranchirent généreusement [242c] ceux qu’ils secouraient, et furent déposés les premiers avec honneur dans ce monument, au nom de la république.

Alors une grande guerre s’alluma : tous les Grecs envahirent et ravagèrent l’Attique, et payèrent Athènes d’une coupable ingratitude. Mais les nôtres les vainquirent sur mer ; et ayant fait prisonniers à Sphagia[1] les Lacédémoniens qui s’étaient mis à la tête de leurs ennemis, au lieu de les exterminer, comme ils en avaient le pouvoir, ils les épargnèrent, [242d] les rendirent, et conclurent la paix. Ils pensaient qu’on doit faire aux barbares une guerre d’extermination, mais que les hommes d’une origine commune ne doivent combattre que pour la victoire, et qu’il ne fallait pas, pour le ressentiment particulier d’une ville, perdre la Grèce entière. Honneur donc aux bra-

  1. Strabon (liv. VIII.) : Sphagia ou Sphacteria, île près de Pylos.