Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/680

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La paix étant rétablie de tous côtés, Athènes, parfaitement tranquille, pardonna aux barbares, qui n’avaient fait que saisir avec empressement l’occasion de se venger des maux qu’elle leur avait causés ; mais elle était profondément indignée contre les Grecs. Elle se rappelait de quelle ingratitude ils avaient payé [244c] ses bienfaits ; qu’ils s’étaient unis aux barbares, avaient détruit les vaisseaux qui naguère les avaient sauvés, et renversé nos murs, quand nous avions empêché la chute des leurs. Elle résolut donc de ne plus s’employer à défendre la liberté des Grecs, ni contre d’autres Grecs, ni contre les barbares, et elle accomplit sa résolution. Pendant que nous étions dans cette disposition, les Lacédémoniens, regardant les Athéniens, ces défenseurs de la liberté, comme abattus, [244d] crurent que rien ne les empêchait plus de donner des fers au reste de la Grèce. Mais pourquoi raconter au long les évènemens qui suivirent ? ils ne sont pas si éloignés, et n’appartiennent pas à une autre génération. Nous-mêmes nous avons vu les premières nations de la Grèce, les Argiens, les Béotiens et les Corinthiens venir, tout épouvantées, implorer le secours de la république ; et, ce qui est le plus merveilleux, nous avons vu le grand roi réduit à cet excès de détresse,