Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/681

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de ne pouvoir espérer son salut que de cette ville même, à la destruction de laquelle [244e] il avait tant travaillé. Et certes, le seul reproche mérité qu’on pourrait faire à cette ville serait d’avoir été toujours trop compatissante et trop portée à secourir le plus faible. Alors encore elle ne sut pas résister, et persévérer dans sa résolution de ne jamais secourir la liberté [245a] de ceux qui l’avaient outragée. Elle se laissa fléchir, fournit des secours, et délivra les Grecs de la servitude, et depuis ils ont été libres jusqu’à ce qu’eux-mêmes ils se remissent sous le joug. Quant au roi, elle n’osa pas le secourir, par respect pour les trophées de Marathon, de Salamine et de Platée ; mais, en permettant aux exilés et aux volontaires d’entrer à son service, elle le sauva incontestablement. Après avoir relevé ses murs, reconstruit ses vaisseaux, [245b] Athènes, ainsi préparée, attendit la guerre, et, quand elle fut contrainte à la faire, elle défendit les Pariens contre les Lacédémoniens. Mais le grand roi, commençant à redouter Athènes, dès qu’il vit que Lacédémone lui cédait l’empire de la mer, demanda, pour prix des secours qu’il devait fournir à nous et aux autres alliés, les villes grecques du continent de l’Asie, que les Lacédémoniens lui avaient autrefois aban-