Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/685

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La force et la beauté du corps ne sauraient non plus avoir de grâce dans l'homme timide et sans cœur ; elles y sont messéantes, l'exposent à un plus grand jour et rendent sa lâcheté plus manifeste. Le talent même, séparé [247a] de la justice et de la vertu, n'est qu'une habileté méprisable, et non la sagesse. Mettez donc vos premiers et vos derniers soins, et songez sans cesse à accroître l'héritage d'honneur que nous vous laissons, nous et nos aïeux ; sinon, apprenez que, si nous vous surpassons en vertu, cette victoire fera notre honte, tandis que la défaite eût fait notre bonheur. Or, voici comment vous pourrez nous surpasser et nous vaincre : n'abusez pas de la gloire de [247b] vos pères, ne la dissipez pas, et sachez que rien n'est plus honteux pour un homme qui a quelque idée de lui-même, que de présenter comme un titre à l'estime, non ses propres mérites, mais la renommée de ses aïeux. La gloire des pères est sans doute pour leurs descendans le plus beau et le plus précieux trésor ; mais en jouir sans pouvoir le transmettre à ses enfans, et sans y avoir rien ajouté soi-même, c'est le comble de la lâcheté. [247c] Si vous suivez ces conseils, quand la destinée aura marqué votre fin, vous viendrez nous rejoindre, et nous vous recevrons comme des amis