Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/689

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qui sont morts à la guerre[1]. Elle a chargé particulièrement le [249a] premier magistrat[2] de veiller à ce que leurs pères et leurs mères n'éprouvent aucune injustice. Pour les enfans elle les élève en commun à ses frais et s'applique à leur faire oublier autant que possible qu'ils sont orphelins. Tant qu'ils sont en bas âge, elle leur sert de père ; parvenus à l'âge d'homme, elle les renvoie chez eux avec une armure complète, pour leur rappeler, en leur faisant présent des instrumens de la [249b] valeur paternelle, les devoirs du père de famille, et en même temps pour que cette première entrée du jeune homme en armes dans les foyers de ses pères, soit un présage favorable de l'énergique autorité qu'il y exercera. Pour les morts, elle ne cesse jamais de les honorer ; elle leur rend à tous chaque année au nom de l'état les mêmes honneurs que chaque famille dans son intérieur rend à chacun des siens. Elle y joint des jeux gymniques et équestres et des combats dans tous les genres de musique : en un mot, elle fait tout pour tous et toujours ; elle

  1. C'était une loi de Solon. Voyez Diog. de Laerte, sur Solon ; et Petit, Leg. Atti., 65.
  2. Le Polémarque, ou troisième Archonte. Pollux, VIII, 91 ; Petit, 669.