Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/688

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aux hommes de trouver ; et il faut plutôt nous féliciter que nous plaindre. Qu’ils prennent soin de nos femmes et de nos enfans, qu’ils les assistent, qu’ils se consacrent tout entiers à ce devoir ! Par là ils verront s’effacer peu-à-peu le souvenir de leur infortune, leur vie [248d] en sera plus honorable et plus vertueuse, et à nous plus agréable. Voilà ce qu’il faut annoncer aux nôtres de notre part.

Nous recommanderions encore à la république de se charger de nos pères et de nos fils, de donner aux uns une éducation vertueuse, et de soutenir dignement la vieillesse des autres ; mais nous savons que, sans être sollicitée par nos prières, elle s’acquittera de ce soin comme il convient à sa générosité. Pères et enfans de ces morts, [248e] voilà ce qu’ils nous avaient chargés de vous dire, et je vous le dis avec toute l’énergie dont je suis capable. Je vous conjure en leur nom, vous, d’imiter vos pères, vous, d’être tranquilles sur votre sort, bien assurés que la sollicitude publique et privée soutiendra et soignera votre vieillesse, et ne manquera jamais à aucun de vous. Quant à la république, vous n’ignorez pas jusqu’où elle porte ses soins. Elle a fait des lois qui pourvoient au sort des enfans et des parens de ceux