Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/703

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quer la poésie, on peut et l'on doit signaler cet inconvénient, pour prouver que la poésie, d'ailleurs admirable, ne doit pourtant pas avoir l'autorité que les poètes revendiquent pour elle, et qu'au lieu d'attribuer à ces derniers un pouvoir religieux et moral, au lieu de les consulter sur les affaires de l'état, de leur remettre l'éducation de la jeunesse, en ne l'instruisant guère que dans leurs ouvrages, et d'en faire ainsi des instituteurs et des directeurs populaires, il faut s'en défier, examiner avec soin leurs écrits, y choisir ce qu'il y a de mieux, dans le meilleur choisir encore, les laisser lire avec un discernement sévère, et en général surveiller et diminuer leur influence.

Or, ce qui est vrai des poètes l'est bien plus encore des serviteurs des poètes, c'est-à-dire des acteurs et des rapsodes, dont tout le talent consiste dans la faculté