Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/706

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pareil personnage, lui prouve qu'il n'entend d'Homère que les mots et leur beauté extérieure, et qu'il est incapable de juger du fond des choses. Sans dire positivement que l'étude assidue des effets matériels de la poésie empêche celle de sa véritable essence, et que l'éducation d'un rapsode ne peut être assez libérale pour l'initier aux secrets du beau, il l'insinue, et en général il traite les rapsodes, dans Ion leur représentant, comme Xénophon les traite de son côté[1], c'est-à-dire comme des ignorans présomptueux. Remarquez que les rapsodes étant à Athènes de véritables artistes, et ayant en effet un très grand crédit sur le peuple, en leur qualité d'intermédiaires obligés entre le peuple et les poètes, les tourner en ridicule n'était pas sans utilité pour le but général de Platon, et que sous

  1. Banquet, III. — Memorabil. Socrat., IV.