Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/71

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A la bonne heure.

Cela est-il vrai, ai-je dit, au cas que l’injustice réussisse, ou lors même qu’elle ne réussit pas ?

Au cas qu’elle réussisse.

Ne dis-tu pas que certaines choses sont bonnes ?

Je le dis.

N’appelles-tu pas bon ce qui est utile aux hommes ?

[333e] Par Jupiter, a-t-il dit, quand même certaines choses ne seraient point utiles aux hommes, je n’en soutiens pas moins qu’elles sont bonnes.

Il m’a paru que Protagoras était aigri, qu’il s’embarrassait et se troublait dans ses réponses. Le voyant donc en cet état, j’ai cru devoir le ménager, et je lui ai demandé doucement : Protagoras, [334a] entends-tu parler de ce qui n’est utile à aucun homme, ou même de ce qui n’est absolument utile à rien, et appelles-tu bonnes de pareilles choses ?

Nullement, a-t-il dit. Je sais qu’il y a bien des choses qui ne valent rien pour les hommes, en fait d’alimens, de breuvages, de remèdes, et ainsi de mille autres ; et qu’il y en a qui leur sont utiles : que d’autres encore ne sont ni bonnes ni mauvaises pour les hommes, mais celles-ci pour les chevaux, celles-là pour les bœufs seulement, quelques autres pour les chiens ; que d’autres ne sont bonnes pour aucun animal,