Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/72

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mais pour les arbres ; et qu’à l’égard des arbres encore, ce qui est bon pour les racines, ne vaut rien pour les surgeons. Le fumier, par exemple, est très bon pour toutes [334b] les plantes, mis à leurs racines ; mais si tu t’avises d’en couvrir les branches et les rejetons, tout périt. L’huile de même est très nuisible à toutes les plantes, et ennemies du poil des autres animaux, excepté de celui de l’homme, auquel elle fait du bien, ainsi qu’aux autres parties de son corps. Le bon est quelque chose de si divers, de si changeant, que l’huile même dont je parle, est bonne à l’homme pour l’extérieur [334c] du corps, et très nuisible pour l’intérieur ; et c’est pour cette raison que tous les médecins défendent aux malades d’user d’huile, si ce n’est en très petite quantité, dans ce qu’on leur sert, et seulement autant qu’il en faut pour ôter aux viandes et aux assaisonnements une odeur désagréable.

Protagoras ayant parlé de la sorte, toute l’assemblée lui applaudit avec grand bruit. Pour moi je lui dis : Protagoras, je suis sujet à un grand défaut de mémoire ; et lorsqu’on me fait de longs discours, [334d] je perds de vue la chose dont il est question. De même donc que, si j’étais un peu sourd, tu croirais nécessaire, pour converser avec moi, de parler plus haut que tu ne ferais avec d’autres ; ainsi, puisque tu as maintenant