Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/736

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Est-ce à l’art du médecin, ou à celui du rapsode, qu’il appartient de juger si Homère parle bien en cet endroit, ou non ?

ION.

A la médecine.

SOCRATE.

Et quand Homère dit,

[1][538d] Elle s’élance dans l’abîme comme le plomb,

Qui attaché à la corne d’un bœuf sauvage

Va porter la mort aux poissons avides,

dirons-nous que c’est à l’art du pêcheur plutôt qu’à celui du rapsode, de juger si cela est bien ou mal dit ?

ION.

Il est évident, Socrate, que c’est à l’art du pêcheur.

SOCRATE.

Vois, si tu m’interrogeais à ton tour, et si tu me disais, Socrate, puisque [538e] tu trouves dans Homère des choses dont le jugement appartient à chacun de ces différens arts, trouves-y aussi quelque chose qui regarde les devins et l’art divinatoire, et qu’ils soient en état d’apprécier ; vois avec quelle facilité je te répondrais

  1. Iliad., XXIV, 80.