Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/738

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Par la violence de la douleur ; le serpent tombe au milieu de l'armée ;

[539d] L'aigle, poussant de grands cris, s'envole au gré des vents.


Tels sont, te dirai-je, les endroits, et d'autres semblables, dont l'examen et le jugement appartiennent au devin.

ION.

En cela tu diras la vérité, Socrate.

SOCRATE.

Ta réponse n'est pas moins vraie, Ion. Maintenant, comme je t'ai marqué dans l'Odyssée et dans l'Iliade les endroits qui appartiennent, les uns au devin, les autres au médecin, [539e] les autres au pêcheur ; cite-moi pareillement, toi qui es bien plus au fait d'Homère que moi, les endroits qui regardent le rapsode et son art, et qu'il lui appartient d'examiner et de juger de préférence aux autres hommes.

ION.

Je réponds, Socrate, que tout Homère appartient au rapsode.

SOCRATE.

Tu ne disais pas cela tout à l'heure, Ion ; as-tu donc si peu de mémoire ? Il ne convient pourtant pas à un rapsode d'être sujet à l'oubli.