Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/75

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Protagoras. Fais-nous ce plaisir à tous. Je lui répondis debout comme j’étais, et prêt à partir : fils d’Hipponicus, j’admire toujours ton ardeur pour la sagesse, [335e] et aujourd’hui je ne puis que la louer et l’aimer ; et je serais charmé de t’obliger, si tu me demandais une chose possible. Mais c’est comme si tu me priais de suivre à la course un Crison d’Himère[1], qui est à la fleur de l’âge, ou de me mesurer avec ceux qui courent le dolique[2] ou avec les hémérodromes. Je te répondrais que [336a] je m’excite moi-même, beaucoup plus que tu ne fais, à courir aussi vite qu’eux, mais que cela passe mes forces, et que si tu veux me voir courir à côté de Crison dans la même carrière, tu dois le prier de se proportionner à moi, parce qu’il peut courir lentement, et que je ne saurais courir vite. Si donc tu souhaites m’entendre discuter avec Protagoras, engage-le à continuer de me

  1. Crison, d’Himère, fut vainqueur aux jeux olympiques l’olympiade 83, 84, 85. Voyez DIODORE de Sicile, XII, ch. 5, 23, 29 ; et Pausanias, V. 23. Il ne faut pas le confondre avec le Crison d’Himère qui, au rapport de Plutarque, combattit à la course avec Alexandre.
  2. Le dolique était un espace de 24 stades ou peut-être moins (voyez SUIDAS, δόλιχος et δάυλος), qu’il fallait parcourir douze fois. — Hémérodromes, coureurs qui, en un jour, faisaient beaucoup de chemin.