Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/74

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la conversation, je crus qu’il était inutile que je demeurasse plus long-temps dans l’assemblée, et je lui dis : Protagoras, je ne te presse pas non plus de t’entretenir avec moi d’une manière qui ne te plaît pas. Lors donc que tu voudras converser de façon que je puisse te suivre, tu me trouveras toujours prêt. On dit de toi, et tu dis toi-même, qu’il est également en ton pouvoir d’employer des discours longs ou courts ; [335c] car tu es un habile homme. Pour moi, je ne saurais suivre les longs discours ; je voudrais de tout mon cœur en être capable. C’était à toi, pour qui l’un et l’autre est égal, de condescendre à ma faiblesse, afin que l’entretien pût avoir lieu. Mais puisque tu ne le veux pas, et que d’ailleurs j’ai quelque affaire qui ne me permet pas d’attendre que tu aies achevé tes longs discours, je m’en vais ; car il faut que je me rende quelque part. Sans cela, peut-être t’aurais-je entendu avec plaisir.

En même temps, je me levai pour m’en aller. Mais, lorsque je me levais, Callias me prenant par la main de la droite, [335d] et de la gauche saisissant mon manteau, me dit : Socrate, nous ne te laisserons point aller ; car si une fois tu sors, l’entretien n’ira plus de même. Je te conjure donc de rester ; aucune conversation ne peut m’être plus agréable que la tienne avec