Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/77

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n’a point de mémoire, c’est un badinage. Il me paraît donc, puisqu’il faut que chacun dise son avis, que la proposition de Socrate est plus équitable.

Après Alcibiade, Critias, je crois, parla de la sorte : Hippias et Prodicus, il me semble que Callias est trop porté pour [336e] Protagoras : quant à Alcibiade, il défend toujours avec chaleur le parti qu’il a embrassé. Mais nous, il ne faut pas nous échauffer les uns contre les autres, en nous déclarant soit pour Socrate, soit pour Protagoras ; il faut nous joindre ensemble pour les conjurer de ne pas rompre l’entretien.

[337a] Critias ayant ainsi parlé : Il me paraît, lui dit Prodicus, que tu as raison. Ceux qui assistent à de pareils entretiens doivent écouter les deux disputants en commun, mais non pas également. Ce n’est pas la même chose ; car il faut prêter à tous les deux une attention commune, et non pas une égale attention, mais plus grande au plus savant, et moindre au plus ignorant[1]. Je vous supplie donc à mon tour, Protagoras et Socrate, de vous accorder, et de discuter

  1. On reconnaît ici l’art de Prodicus, qui consistait à trouver des différences dans les synonymes apparens. Voyez le Charmide, t. V, p. 301.