Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/78

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ensemble, mais de [337b] ne pas disputer : car les amis discutent entre eux avec bienveillance ; au lieu que la dispute suppose dans les esprits de la division et de l’inimitié. Et de cette manière la conversation ira le mieux du monde. Vous qui parlez, vous vous attirerez l’approbation, et non les louanges des assistans ; car l’approbation est dans l’âme de l’auditeur, et exempte de tromperie ; la louange n’est souvent que sur les lèvres et contre la pensée ; [337c] et nous qui écoutons, nous en aurons beaucoup de joie, mais non beaucoup de plaisir : car la joie est le partage de l’esprit, lorsqu’il apprend quelque chose, et qu’il acquiert la sagesse ; mais pour le plaisir, on peut l’éprouver en mangeant, ou par quelque autre, sensation qui vient du corps.

Ce discours de Prodicus fut reçu avec applaudissement de la plupart des assistans. Après lui, le sage Hippias parla en ces termes : Vous qui êtes présens, je vous regarde tous comme parens, alliés et concitoyens ; [337d] selon la nature, si ce n’est pas selon la loi. Le semblable en effet a une affinité naturelle avec son semblable ; mais la loi, ce tyran des hommes, fait violence à la nature en bien des occasions. Il serait donc honteux à nous, habitués aux méditations profondes, à nous, qui sommes les plus sages d’entre les