Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/81

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roge, je répondrai, et je tâcherai en même temps de lui montrer comment je pense qu’on doit répondre. Mais après que j’aurai répondu à toutes les questions qu’il lui plaira de me proposer, qu’il me fasse raison à son tour de la même manière. Alors s’il ne paraît pas se prêter de bonne grâce à répondre avec précision à ce que je lui demanderai, nous lui ferons en commun, vous et moi, la même prière que vous me faites, de ne point rompre la conversation. [338e] II n’est pas besoin pour cela d’un arbitre particulier : vous en ferez l’office tous ensemble.

On jugea d’une voix unanime que c’était le parti qu’il fallait prendre. Protagoras ne voulait point y entendre absolument : cependant il fut enfin forcé de promettre qu’il interrogerait, et que, quand il aurait suffisamment interrogé, il rendrait raison à son tour en répondant en peu de mots. Il commença donc à interroger de cette manière.

Je pense, me dit-il, Socrate, que la principale partie de l’instruction consiste à être savant [339a] en poésie, c’est-à-dire à être en état de comprendre ce qu’ont dit les poètes, de savoir discerner ce qu’ils ont fait de bien et de mal, et d’en rendre raison lorsqu’on le demande. La question que j’ai à te proposer aura pour objet la matière même de notre dispute, savoir,