Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/80

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voici ce que vous ferez : vous choisirez un censeur, un juge, un président, qui prendra garde que [338b] vous ne sortiez ni l’un ni l’autre dans vos discours des bornes de la modération.

Cet avis plut à la compagnie, et tous l’approuvèrent. Callias me répéta qu’il ne me laisserait point aller, et on me pressa de nommer un juge. Sur quoi, je leur dis qu’il y aurait de l’inconvenance à établir quelqu’un juge de notre entretien ; que s’il nous était inférieur en mérite, il ne convenait pas qu’il fût l’arbitre de gens qui valaient mieux que lui ; que s’il était notre égal, cela ne convenait pas davantage, parce qu’étant tel que nous, il ferait la même chose ; et qu’ainsi un pareil choix [338c] serait superflu. Mais vous choisirez un plus habile homme que nous. Pour vous dire ce que je pense, il me paraît impossible que vous choisissiez un plus habile homme que Protagoras ; et si celui que vous nommerez n’est pas plus habile que lui, et que vous le donniez pour tel, c’est un affront que vous faites à Protagoras, en le soumettant comme un homme vulgaire au jugement d’un modérateur : car, pour ce qui est de moi, la chose m’est indifférente. Mais, afin que l’assemblée ne se sépare point, et que la conversation se renoue, comme vous le souhaitez, voici à quoi je consens. Si Protagoras [338d] ne veut pas répondre, qu’il inter-