Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/83

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


Remarques-tu que c’est la même personne qui dit cela et les paroles précédentes ?

Je le sais.

Te paraît-il que ces deux endroit s’accordent ensemble ?

Il me semble qu’oui ; et en même temps, comme je craignais qu’il n’ajoutât quelque chose, je lui demandai : et toi, ne penses-tu pas de même ?

Comment pourrais-je [339d] penser qu’un homme qui dit ces deux choses s’accorde avec lui-même ? Il pose au commencement pour certain qu’il est difficile de devenir véritablement homme de bien ; et il oublie un peu après, dans la suite de son poème, ce qu’il vient de dire, reprenant Pittacus pour avoir dit la même chose, savoir, qu’il est difficile d’être vertueux, et déclarant qu’il n’approuve point sa pensée, quoiqu’elle soit la même que la sienne. Il est, évident qu’en blâmant Pittacus, qui parle dans le même sens que lui, il se blâme lui-même. Par conséquent il a tort dans le premier endroit, ou dans le second.

A ces mots, il s’éleva un grand bruit dans l’assemblée, et on couvrit d’applaudissements [339e] Protagoras. Pour moi, comme si j’avais été frappé par un athlète vigoureux, je fus d’abord aveuglé et étourdi du discours de Protagoras, et des applaudissements des assistans. Ensuite, pour dire la vérité, afin de me donner le temps d’examiner