Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/84

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sens des paroles du poète, je me tournai vers Prodicus, et l’appelant par son nom : Prodicus, lui dis-je, Simonide est ton compatriote ; [340a] il est juste que tu viennes à son secours. En t’invitant à me seconder, il me semble faire ce qu’Homère rapporte du Scamandre, lequel vivement pressé par Achille, appelle à soi le Simoïs en ces termes[1] :

Mon cher frère, joignons-nous pour arrêter . Ce terrible ennemi.

Je t’appelle de même à moi, dans la crainte que Protagoras ne porte le ravage chez notre ami Simonide. Nous avons besoin pour la défense de ce poète de cette belle science, par laquelle tu distingues le vouloir [340b] et le désir comme n’étant pas la même chose, et qui te fournit tant d’autres distinctions admirables, telles que celles que tu nous exposais il n’y a qu’un moment. Vois donc si tu es du même avis que moi. Il me semble que Simonide ne se contredit point ; mais dis le premier ton sentiment. Juges-tu que devenir et être soient la même chose, ou deux choses différentes ?

Très différentes, par Jupiter, répondit Prodicus.

Simonide ne déclare-t-il point dans les pre-

  1. Iliad. l. XXI, v. 308.