Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/836

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bien se battre armés de toutes pièces, et [272a] l’enseignent à qui les paie ; mais de plus, ils excellent dans les combats judiciaires et enseignent aussi à plaider ou à composer des plaidoyers. Jusqu’ici leur talent se bornait à ce que je viens de dire, mais maintenant ils sont arrivé à la dernière perfection, et les voilà parvenus dans un nouveau genre de combat à une adresse telle que nul ne saurait leur résister ; ils sont devenus des raisonneurs incomparables, [272b] et quoi qu’on dise, vrai ou faux, ils réfutent tout également. Aussi, Criton, ai-je résolu de les prendre pour maîtres, car ils promettent de rendre le premier venu aussi habile qu’eux en très peu de temps.

CRITON.

Mais, Socrate, ne crains-tu pas l’âge ? n’es-tu pas trop vieux ?

SOCRATE.

Point du tout. Et c’est là ce qui m’encourage ; je te dirai qu’eux-mêmes étaient déjà avancés en âge quand ils se sont adonnés à cet art de raisonner que je désire tant apprendre ; il n’y a pas un an ou deux qu’ils [272c] l’ignoraient encore. Tout ce que je crains, c’est que je ne fasse honte à ces étrangers, comme au joueur de luth Con-