Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/835

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CRITON.

Je ne connais ni l'un ni l'autre, Socrate.

SOCRATE.

[271c] Ce sont de nouveaux sophistes, à ce qu'il paraît.

CRITON.

De quel pays sont-ils et de quelle science font-ils profession ?

SOCRATE.

Originairement ils sont, je crois, de là-bas, de Chios, et ils étaient allés s'établir à Thurium[1] ; mais ils se sont enfuis de là et rôdent ici autour depuis plusieurs années. Pour ce qui est de leur science, Criton, elle est admirable ; ils savent tout. Jusqu'ici j'ignorais encore ce que c'était que des athlètes parfaits ; en voilà, grâce à Dieu : ils excellent dans toute espèce d'exercices. Et ils ne sont pas comme les frères Acarnaniens[2][271d] qui ne savaient que les exercices du corps : d'abord ils sont supérieurs dans ce genre par une manière de combattre qui assure toujours la victoire ; ils savent très

  1. L'ancienne Sybaris, située entre le Sybaris et le Créthis, détruite par les Crotoniates, rebâtie par une colonie athénienne qui l'appela Thurium, de la fontaine Thuria. Diod. de Sicile, liv. XII, c. 10 ; Strabon, liv. VI.
  2. Il n'est fait mention de ces athlètes nulle part ailleurs.