Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/838

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vais donc t'en faire un récit fidèle depuis le commencement jusqu'à la fin. [272e] Je m'étais assis d'aventure seul où tu me vis, dans l'endroit où l'on quitte ses habits, et déjà je m'étais levé pour sortir, quand le signe divin accoutumé me retint[1]. Je m'assis donc de nouveau, et peu [273a] après Euthydème et Dionysodore entrèrent avec une foule de jeunes gens que je pris pour leurs écoliers. Ils se promenèrent un peu sous le portique couvert ; et à peine avaient-ils fait deux ou trois tours, que Clinias entra, celui qui te semble, et avec raison, beaucoup grandi, suivi d'un grand nombre d'amans, et entre autres de Ctésippe, jeune homme de Péanée[2], d'un beau naturel, mais un peu emporté, comme on l'est à [273b] son âge. Clinias dès l'entrée m'ayant vu seul, s'approcha de moi, et, ainsi que tu l'as remarqué, vint s'asseoir à ma droite. Dionysodore et Euthydème, le voyant, s'arrêtèrent ; ils tinrent ensemble une espèce de conseil, et de temps en temps jetaient les yeux sur nous, car je les observais avec soin. Enfin ils s'approchèrent et s'assirent, Euthydème auprès du jeune homme, et Dionysodore à ma gauche. Les autres prirent

  1. Voyez le Théagès et l'Apologie.
  2. Dème de la tribu Pandionide.