Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/839

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place comme ils purent. [273c] Je les saluai en leur disant que je ne les avais pas vus depuis long-temps ; et me tournant du côté de Clinias : Mon cher, voici Euthyclème et Dionysodore, qui ne se mêlent point de bagatelles ; ils ont une parfaite connaissance de l'art militaire, de tout ce qu'il faut à un bon général pour bien commander une armée, la ranger en bataille et lui faire faire l'exercice ; ils t'apprendront aussi à te défendre toi-même devant les tribunaux si quelqu'un te faisait injure. [273d] Euthydème et Dionysodore eurent grande pitié de m'entendre parler ainsi, et se regardant l'un l'autre ils se prirent à rire. Euthydème s'adressant à moi : Nous ne nous en soucions plus, Socrate, et ne considérons cela que comme un amusement. Tout étonné, je lui dis : Il faut que votre principal emploi soit bien considérable, puisque de telles choses sont des jeux pour vous ; mais, au nom des dieux, apprenez-moi quel est ce bel emploi. — Nous sommes persuadés, Socrate, me dit-il, qu'il n'y a personne qui enseigne la vertu aussi bien et aussi promptement que nous. [273e] — Par Jupiter, m'écriai-je, que dites-vous là ? et comment avez-vous fait une si heureuse découverte ? Je croyais jusqu'ici, comme je le disais tout à l'heure, que vous n'excelliez qu'en l'art militaire, et ne vous louais