Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/847

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non pas du nombre de ceux qui ont ? — Sans doute. — Ce sont donc, Clinias, les ignorans qui apprennent, et non les savans.

[277d] Euthydème se préparait, comme dans la lutte, à porter une troisième atteinte à Clinias ; mais voyant le jeune homme accablé de tous ces discours, pour le consoler et l’empêcher de perdre courage, je lui dis : Ne t’étonne point, Clinias, de cette manière de discourir, à laquelle tu n’es pas accoutumé. Peut-être ne vois-tu pas le dessein de ces étrangers. Ils font comme les corybantes, quand ils placent sur le trône celui qu’ils veulent initier à leurs mystères ; là on commence par des danses et des jeux, comme tu dois le savoir, si jamais tu as été initié. De même [277e] ces deux étrangers ne font que danser et badiner autour de toi, pour t’initier après. Imagine-toi donc que ce sont ici les préludes des mystères sophistiques ; car premièrement, comme Prodicus l’a ordonné, il faut savoir la propriété des mots, ce que ces étrangers viennent d’enseigner. Tu ignorais qu’apprendre[1] se dit quand on acquiert une connaissance qu’on n’avait pas auparavant, [278a] et aussi quand, après avoir acquis la connaissance d’une chose, on ré-

  1. Double sens de μανθάνειν.