Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/848

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fléchit, par le moyen de cette connaissance, sur cette même chose, que ce soit un fait ou une idée. Ordinairement on appelle cela plutôt comprendre qu’apprendre, mais quelquefois on lui donne ce dernier nom. Or, tu ne savais pas, comme ces hommes l’ont fait voir, qu’un même nom s’applique à des qualités contraires, à celui qui sait et qui ne sait pas. Il en est de même dans la seconde question qu’ils t’ont faite, [278b] si l’on apprend ce que l’on sait ou ce que l’on ne sait pas : ce ne sont là que des jeux en fait de savoir ; et c’est pour cela que j’ai prétendu qu’ils jouaient avec toi. Je dis des jeux, parce que quand on saurait un grand nombre de pareilles choses, quand même on les saurait toutes, on n’en connaîtrait pas mieux la véritable nature des choses. A la vérité l’on pourrait surprendre des gens par ces équivoques, comme ceux qui tendent la jambe pour vous faire tomber, ou qui dérobent votre siège quand vous voulez vous asseoir, [278c] et rient de toute leur force dès qu’ils vous voient à terre. Que tout ce qu’ils t’ont dit jusqu’ici, Clinias, passe donc pour un jeu. Le sérieux va venir, et je prendrai moi-même l’initiative en les priant de me tenir la promesse qu’ils m’ont faite. Ils m’ont fait espérer qu’ils m’enseigneraient l’art d’exciter les hommes à la vertu ; mais