Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/852

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leur succès d’un bon médecin, que de celui qui ne saurait pas son métier ? — Il en convint. — C’est donc toujours la sagesse qui fait que les hommes réussissent ; car personne ne sera jamais mal dirigé par la sagesse ; avec elle nécessairement on fait bien et on réussit ; autrement ce ne serait plus la sagesse. [280b] Enfin nous tombâmes d’accord, et je ne sais comment, qu’en général la sagesse et le succès vont toujours ensemble. Après que nous fûmes convenus de cela, je lui demandai de nouveau ce qu’il pensait des choses que nous avions accordées d’abord ; car nous avons avancé, lui dis-je, que nous serions heureux et contents si nous avions beaucoup de biens. — Il en convint. — Serions-nous heureux par les biens que nous possédons s’ils ne nous servaient à rien, ou s’ils nous servaient à quelque chose ? — Il faut qu’ils nous servent à quelque chose. — Mais nous [280c] serviraient-ils à quelque chose, si nous nous bornions à les posséder et que nous n’en fissions aucun usage ? Par exemple, que nous servirait d’avoir quantité de vivres, sans en manger, et beaucoup à boire sans boire ? — A rien du tout, me dit-il. — Et les artisans, s’ils possédaient tout ce qu’il leur faut chacun pour leur métier, et n’en faisaient pas usage, seraient-ils heureux par cette possession ? je dis, par cela même