Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/851

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même, reconnaissent pour le premier des biens. — Tu dis vrai, repartit Clinias. — Alors revenant tout-à-coup sur moi-même : Il s’en est peu fallu, dis-je, Clinias, que toi et moi nous [279d] n’ayons apprêté à rire à ces étrangers. — Comment ? répliqua Clinias. — Parce que nous avons déjà parlé plus haut du talent de réussir, et que nous en parlons encore. — Qu’est-ce que cela fait ? — Il est ridicule de revenir sur ce qui était déjà dit, et de répéter deux fois la même chose. — Que veux-tu dire ? reprit Clinias. — La sagesse est le talent de réussir, lui dis-je ; un enfant en conviendrait. Le jeune Clinias était tout étonné, tant il est encore simple et novice. Je m’en aperçus, et lui dis : Ne [279e] sais-tu pas, Clinias, que les joueurs de flûte réussissent le mieux à bien jouer de la flûte ? — Oui. — Et dans l’écriture et la lecture des lettres, les grammairiens ? — Oui. — Et pour les dangers de la mer, crois-tu qu’il y ait des hommes qui réussissent mieux que les pilotes habiles ? — Non, sans doute. — Si tu allais à la guerre, n’aimerais-tu pas mieux partager les périls et [280a] les hasards avec un bon capitaine, qu’avec un mauvais ? — Avec un bon capitaine. — Et si tu étais malade, ne te confierais-tu pas plutôt à un bon médecin qu’à un mauvais ? — Assurément. — C’est-à-dire que tu attendrais un meil-