Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/854

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la science[1] qui enseigne la vraie manière de s'y prendre ? — Oui. — Dans l'usage des biens, dont nous avons parlé d'abord, des richesses, de la santé et de la beauté, c'est donc aussi la science[2] [281b] qui apprend à bien s'en servir, ou est-ce quelque autre chose ? — La science. — Ce n'est donc pas seulement le succès, mais le bon usage, que la science enseigne aux hommes dans tout ce qu'ils possèdent et ce qu'ils font. — Il en convint. — Par Jupiter ! peut-on posséder utilement une chose sans lumières et sans sagesse ? à quoi sert-il, quand on n'a pas de tête, de posséder et de faire beaucoup de choses ; ou d'avoir du bon sens, quand on n'a rien et qu'on ne peut rien faire ? fais-y bien attention. En agissant moins, [281c] ne ferait-on pas moins de fautes ? en faisant moins de fautes, ne s'en trouverait-on pas moins mal ? et en se trouvant moins mal, n'en serait-on pas moins malheureux ? — Oui, répondit Clinias. — Mais qui agit le moins, le riche ou le pauvre ? — Le pauvre. — Le fort ou le faible ? — Le faible. — Celui qui a des honneurs ou celui qui n'en a pas ? — Celui qui n'en a pas. — Qui agit moins,

  1. La science relative à cette fabrication.
  2. La science est ici pour la sagesse ; expression employée plus haut, et à laquelle l'auteur va revenir.